Parcoursup :

Parcoursup : comment devenir acteur de son orientation scolaire ?

Bruno Magliulo, professeur agrégé de Sciences économiques et sociales et inspecteur d’Académie honoraire, est spécialiste de l’orientation scolaire. Auteur de nombreux ouvrages sur les études supérieures, B. Magliulo a publié récemment « S.O.S Parcoursup », aux éditions l’Etudiant, pour aider les lycéens et leurs parents à comprendre le fonctionnement et les enjeux de la plateforme Parcoursup. Découvrez notre interview avec lui ci-dessous :

Objectif SUP : Pourquoi avez-vous publié une deuxième édition de votre livre S.O.S Parcoursup ? Qu’apporte-t-il de plus à la première publication de 2018 ?

B.M : « La première édition ayant été épuisée en moins d’une année scolaire, j’ai demandé et obtenu de mon éditeur que plutôt de réimprimer le même texte, nous profitions de cette deuxième édition pour actualiser le livre en y intégrant un certain nombre de nouveautés. J’ai aussi introduit une partie qui faisait défaut, et que des lecteurs, comme diverses personnes rencontrées à l’occasion de conférences dans divers lycées, m’ont suggéré d’ajouter : une partie plus stratégique visant à donner dix conseils stratégiques pour augmenter ses chances d’obtenir satisfaction."

Objectif SUP : Vous parlez dans votre introduction de « syndrôme Parcoursup ». Cette expression n’est-elle pas un peu exagérée pour désigner un choix d’orientation scolaire ?

B.M : Selon moi, cette expression – dont je veux bien admettre qu’elle est forte – est fondée dans la mesure où Parcoursup concerne désormais plus d’un million de candidat(s) ainsi que leurs familles, et surtout que ce qui s’y joue est lourd de conséquences : il s’agit ni plus ni moins que de faire les bons choix en matière d’orientation vers l’enseignement supérieur, et donc de bien se préparer à la vie professionnelle. Ce n’est pas rien ! Il n’est certes pas interdit de se réorienter en cas d’erreur de choix, mais on se porte mieux si on n’a pas besoin d’agir ainsi.

 

Objectif SUP : Quel est, selon vous, parmi les 10 conseils stratégiques que vous donnez aux lycéens, celui qui vous paraît le plus important pour les guider dans leurs choix d’études supérieures ?

 B.M : Bien d’autres conseils stratégiques auraient pu être présentés. J’ai fait le choix dans ce livre de ne présenter que certains d’entre eux, les plus importants selon moi. J’ai profité du confinement pour rédiger un autre livre qui s’intitule « Les 50 questions à se poser avant de choisir son orientation » (spécial Parcoursup), publié dans la même collection et diffusé, à compter de la mi-janvier 2021.

Selon moi, le conseil stratégique le plus important est celui qui concerne l’adéquation entre les « attendus » (prérequis) que présentent désormais systématiquement les établissements d’enseignement supérieur sur Parcoursup, et le bilan scolaire et personnel de chaque candidat. Cela se présente comme une sorte de miroir dans lequel le demandeur d’admission est invité à se regarder en se posant la question de savoir dans quelle mesure il ressemble à ce portrait du « candidat idéal », supposé être porteur des connaissances, compétences et aptitudes signalées. Il en va de ses chances d’être admis dans une formation sélective, et de la probabilité de réussir dans une formation ( que celle-ci soit sélective ou non). 

Objectif SUP Les choix d’enseignements de spécialité que doivent faire les lycéens en classe de première et terminale générale sont difficiles à faire et anxiogènes pour leurs parents. Comment faire les « bons choix », adaptés à leur profil scolaire et leurs ambitions ?  

La difficulté principale réside dans le fait qu’au moment où les familles expriment de tels choix (en sortie de seconde, puis de première), les élèves sont pour la plupart très loin d’avoir déjà un projet d’études supérieures sur lequel ils peuvent se fonder. 

Néanmoins, c’est le cas pour une partie minoritaire d’entre eux. Si un élève est porteur du projet de faire ensuite des études supérieures en école d’ingénieur, il semble logique qu’il opte pour les maths (incontournables dans un tel cas) et ajoute un enseignement de spécialité de type scientifique (sciences de la vie et de la Terre ou physique-chimie, ou sciences du numérique et informatique)… 

Quant à ceux qui, à ce moment de leur scolarité, n’ont pas encore de projet d’études supérieures, je recommande de choisir ses enseignements de spécialité en fonction de l’intérêt qu’ils ressentent en prenant connaissance  des programmes et méthodes, mais aussi (et peut être surtout), leur capacité à y réussir.  Il est en outre important de ne procéder à de tels choix qu’après en avoir parlé avec les professeurs concernés.

Les conséquences de Parcoursup :

1

FIN DE L'UNIVERSITE POUR TOUS

L’admission d’un lycéen dans toutes les filières universitaires est conditionnée à l’examen de son dossier scolaire et à l’obligation de suivre en première année « un parcours personnalisé », conçu comme une remise à niveau.

2

UNE VERITABLE MISE EN CONCURRENCE

800 000 candidats pour 650 000 places dans le supérieur.

Un accès aux études supérieures de plus en plus difficile.

3

UN CLASSEMENT EFFECTUE PAR LES UNIVERSITES

Nouveauté : ce sont les universités qui classeront les candidats en fonction de critères comme la capacité à travailler de manière autonome ou les compétences d’expression écrite et orale. Et non les lycéens.

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